Par Clémentine Autain.

DetteBoulet.bmpUn nouveau « plan de sauvetage » pour la Grèce ont titré en cœur les grands médias la semaine dernière. Un collectif d’intellectuels et d’artistes européens ne l’entend pas de cette oreille. Autour des revues française et grecque, «Lignes» et «Alètheia», des figures telles qu’Alain Badiou, Etienne Balibar, Barbara Cassin, Claire Denis, Jean-Luc Nancy, Jacques Rancière, Judith Revel ou encore Enzo Traverso ont dit ensemble qu’il fallait plutôt sauver le peuple grec de ses sauveurs. Cette tribune parue dans Libération le 21 février dernier pose ce constat : « le but ne saurait être le «sauvetage» de la Grèce : sur ce point, tous les économistes dignes de ce nom sont d’accord. Il s’agit de gagner du temps pour sauver les créanciers tout en menant le pays à une faillite différée. Il s’agit surtout de faire de la Grèce le laboratoire d’un changement social qui, dans un deuxième temps, se généralisera à toute l’Europe. Le modèle expérimenté sur les Grecs est celui d’une société sans services publics, où les écoles, les hôpitaux et les dispensaires tombent en ruine, où la santé devient le privilège des riches, où les populations vulnérables sont vouées à une élimination programmée, tandis que ceux qui travaillent encore sont condamnés aux formes extrêmes de la paupérisation et de la précarisation ». Le texte montre ensuite que c’est l’austérité qui produit les déficits, alors que c’est au nom de la dette à réduire que les plans de rigueur sont mis en œuvre.