Ce verdict atterrant témoigne de l’incapacité de la justice française à prendre en compte les récits des victimes de viols. Oui les viols brisent les femmes. Oui les viols provoquent des traumatismes durables si rien n’est fait. Oui ils provoquent des tentatives de suicide. Oui la parole des victimes est tronquée, parfois incohérente, hésitante, apeurée. Oui les victimes ne veulent pas de nouveau être confrontées aux violeurs tentant de se protéger ainsi de réminiscences mortifères. Toutes « modalités » totalement incompatibles avec la reconnaissance d’une parole aux Assises.

Et alors ? Dans le pays des Droits de l’Homme va-t-on encore continuer longtemps à se boucher les yeux, le nez et les oreilles devant 75 000 femmes violées par an ? Va-t-on encore longtemps refuser d’entamer des campagnes pérennes d’éducation auprès de l’opinion publique puisqu’il s’agit ici de jurés populaires. Va-ton encore longtemps proclamer, comme cela a été le cas lors du vote de la loi du 9 juillet 2010 sur les violences, que la formation des personnels coûte trop cher ?

Va t-on encore enfin longtemps tergiverser avant de se doter, comme l’a fait l’Espagne en 2004, d’une loi cadre contre les violences faites aux femmes qui propose une appréhension globale de ces violences. ?

Le Collectif national pour les Droits des Femmes organisera toutes les ripostes qu’il juge nécessaires après ce verdict.