Beaucoup de Fontenaysiens, demandeurs de logements, avaient en effet fait le déplacement. Nous avions à cœur de leur montrer ce que la Ville met en œuvre pour prendre sa part à l’effort de construction de logements et répondre à leurs préoccupations.

Notre Programme local de l’habitat, dont nous avons, ce soir, à étudier le premier bilan annuel reste notre feuille de route, notre cap. Dans ce PLH, nous nous sommes fixé un objectif ambitieux : construire 300 logements chaque année, dont 50% de logements sociaux ou en accession sociale, pendant 6 ans, tout en restant une ville à taille humaine, agréable et accessible pour toutes les catégories sociales.

Un des constats majeurs que nous avions dressé en élaborant ce PLH tenait en effet au décalage entre l’offre proposée aux ménages et leurs besoins en logement, en particulier pour les familles et les jeunes adultes, obligés de quitter la ville pour se loger.

Ce décalage ne ferait que se creuser si, d’une part, nous ne nous donnions pas les moyens de maîtriser notre foncier et, d’autre part, si nous n’avions pas une action résolue pour construire des logements répondant aux besoins de tous les Fontenaysiens.

Concernant la maîtrise du foncier, nous avons déjà beaucoup avancé - j’en parlais au dernier Conseil municipal – en signant une convention avec l’Etablissement public foncier d’Ile-de-France pour acquérir et porter des terrains, dans l’attente des programmes de construction et, surtout, en créant la Société publique locale. Comme le rappelle le bilan que vous avez sous les yeux, il nous reste encore à modifier le PLU afin de dégager les potentialités foncières de notre territoire, pour remplir les objectifs de construction fixés dans le PLH.

Concernant la construction de logements, nous avons été, en 2011, en dessous de l’objectif fixé dans le PLH mais, au regard des outils dont nous nous sommes dotés, on observera une amélioration dès cette année.

Cependant, j’insiste, comme nous l’avons fait mardi soir, à la salle Jacques Brel, avec le Maire : la volonté politique de la Ville ne suffira pas. Pour débloquer vraiment la construction de logements dans notre pays, il faut une action résolue de l’Etat ! Une action résolue, tant sur le plan quantitatif – le nombre de logements construits – que sur le plan qualitatif – des logements qui répondent aux besoins.

Cela suppose de redonner des moyens aux collectivités territoriales et aux bailleurs sociaux, notamment par la création d’une « contribution logement » assise sur les revenus financiers. Cela suppose également de contraindre les villes « hors la loi » à se mettre en conformité avec la loi SRU.

La construction de logements, c’est bien sûr notre grand défi. Mais le PLH fixe, comme vous le savez, un cadre bien plus large, tant en termes de réhabilitation du parc existant que de réponse aux besoins spécifiques de certains publics. Je ne veux pas reprendre ici toutes les actions listées dans le PLH mais insister sur quelques réalisations qui me paraissent primordiales.

Tout d’abord, certains trouveront peut-être que c’est du « réchauffé », comme on dit, mais ça me semble important de le répéter encore et encore : nous pouvons mesurer chaque jour la justesse du combat que nous avons mené, avec les locataires, contre les surloyers instaurés par la loi Boutin.

Grâce au PLH, nous avons fait de 80% de notre territoire un « territoire hors surloyer » et 600 familles ont ainsi pu rester habiter à Fontenay, elles qui n’auraient jamais pu louer et encore moins acheter dans le parc privé de notre ville ! C’est capital pour la mixité dans nos quartiers, pour le dynamisme de la vie associative, notamment pour faire vivre les amicales de locataires.

Je parlais, à l’instant, de la réhabilitation du parc existant. Plusieurs réhabilitations sont en cours. Ces projets sont importants du point de vue de la qualité de vie, des économies d’énergie. Mais les réhabilitations peuvent aussi rimer avec emploi pour les Fontenaysiens… : nous avons engagé un partenariat atypique avec Valophis, qui mène plusieurs chantiers de réhabilitation dans le Grand Ensemble et la Mission Locale afin d’embaucher des jeunes de la ville sur ces chantiers.

Grâce à la clause d’insertion, 30 jeunes Fontenaysiens ont pu avoir accès à une expérience professionnelle et, pour près de la moitié, accès à un emploi pérenne. Nous avons proposé aux bailleurs que ce dispositif se généralise pour toutes les réhabilitations sur le territoire fontenaysien.

Voilà, je ne veux pas être plus long : pour moi, au regard de ce premier bilan annuel, le PLH reste un outil adapté pour conduire une politique de l’habitat adaptée aux besoins de tous les Fontenaysiens. C’est pourquoi la présentation de ce bilan ne s’accompagne pas de propositions de modification du PLH.

Ce qu’il faut modifier, aujourd’hui, ce ne sont pas nos objectifs mais les moyens dont nous disposons pour les mettre en œuvre. Nous allons continuer à nous mobiliser en ce sens.

Je vous remercie de votre attention.