En septembre 2012, nous avons inauguré, le cinéma municipal Le Kosmos qui s’est modernisé avec le passage à la projection numérique. L’écoparc des Carrières est terminé et sera ouvert au public au printemps 2013. C’est un poumon vert en plein centre ville qui va relier, par une coulée verte, l’avenue de la République au parc de l’Hôtel de ville. Ce sera un espace de liberté, de jeux, très attendu par la population. Côté logements, plusieurs livraisons de logements sociaux ont eu lieu comme avenue Foch ou encore rue Pierre-Curie…

L’opération Barbe - où une nouvelle crèche est prévue - est bientôt terminée ; les dix-sept logements sociaux de la rue Pauline seront livrés courant 2013… Nous travaillons aussi sur la réhabilitation du quartier de la Redoute qui est un véritable projet de ville, avec de nouveaux espaces communs de vie et un projet de théâtre. La construction du nouvel immeuble de la Société Générale va démarrer. Il accueillera environ 4 000 employés. Le projet Péripole, dans la zone de l’avenue de Lattre de Tassigny, est en cours d’étude.

À Fontenay : Et le projet de rénovation de la piscine ?

J.-F. V. : La piscine municipale a fermé ses portes en novembre 2012. Les travaux de rénovation, qui changeront radicalement le visage des bassins et du complexe, devraient aboutir à l’automne 2014. Les Fontenaysiens bénéficieront alors d’une toute nouvelle piscine, répondant à leurs attentes et besoins. Cet équipement, construit en 1973, avait besoin d’une réhabilitation. D’abord pour répondre aux normes d’hygiène et de sécurité mais également pour intégrer la question environnementale et du développement durable. Ainsi, des économies d’eau et de dépenses énergétiques, l’isolation du bâtiment, un nouveau traitement de l’air seront réalisés. L’offre de service sera diversifiée pour les usagers : création d’un bassin ludique, agrandissement du bassin d’apprentissage (en inox), création d’un espace bien-être et remise en forme, restauration rapide, accès aux personnes à mobilité réduite. Les douches et des vestiaires seront revisités.

À Fontenay : Où en êtes-vous de la mise en œuvre du programme local de l’habitat ?

J.-F. V. : Le PLH a été élaboré autour de trois orientations majeures : la réhabilitation et construction de logements, le développement durable et la mixité sociale que nous souhaitons développer sur l’ensemble du territoire de la commune, tout en veillant à maintenir le caractère agréable et pavillonnaire de la ville mais sans l’intensifier.

L’autre axe important concernait la question du surloyer, qui a été remis en cause. En 2012, plusieurs opérations de réhabilitations et de constructions ont été inaugurées et des logements neufs seront livrés en 2013 comme je le disais précédemment. D’autres opérations sont également été réalisées dans le domaine privé et seront terminées cette année, comme rue du Clos-d’Orléans, le PLH imposant une part de logements sociaux dans les constructions privées.

À Fontenay : Le développement de la ville pose la question des moyens financiers surtout en période de préparation budgétaire.

J.-F. V. : Nous sommes en cours d’élaboration du budget 2013 de la ville. Devant une situation économique et sociale qui s’aggrave, et qui demanderait sans doute des réponses ambitieuses et audacieuses, nous nous heurtons aux décisions de l’État de geler les dotations en 2013 et de les baisser en 2014 et 2015.

Ainsi, alors que les besoins des citoyens augmentent, nos moyens diminuent. Toutes les villes sont confrontées à ce problème. L’Association des Maires de France, réunie il y a quelques mois en congrès, s’interrogeait : « Comment développer les services à la population avec des moyens contraints ? » Au moment où il y aurait besoin d’un engagement fort de l’État, de plus de service public pour répondre aux besoins de la population, l’asphyxie des finances locales se poursuit. Ce n’est pas satisfaisant. Pour ma part, je veux poursuivre les investissements dont notre ville a besoin, répondre aux souhaits de la population, donner des moyens à notre collectivité pour bien travailler.

Je refuse d’augmenter la pression fiscale locale sur les familles et de réduire l’activité du service public. C’est un choix difficile, certes, mais je suis persuadé que nous pouvons y arriver, notamment dans le cadre du service public. J’espère que dans un proche avenir, le gouvernement actuel remettra en cause dans sa globalité la réforme des collectivités territoriales voulue par Monsieur Sarkozy et envisagera une réforme en profondeur de la fiscalité. La solidarité doit rester de mise dans notre ville, une solidarité étendue envers les plus démunis et la classe moyenne, les seniors, les personnes handicapés, les femmes seules…

Ainsi, nous avons mis en place, il y a deux ans une réforme des quotients familiaux pour davantage de justice sociale et pour garantir la mixité dans toutes les activités que nous proposons. Nous n’oublions pas les jeunes, dont certains vivent moins bien que leurs parents. Cela nous impose de nouvelles responsabilités : penser une politique transversale et innovante en matière de formation professionnelle (même si ce n’est pas de la compétence des communes), de logement, d’accès à la culture et aux loisirs. C’est pourquoi je souhaite que la ville se lance dans le dispositif des emplois d’avenir.

À Fontenay : Vous avez réactivez les zones bleues dans certains quartiers alors que la question du stationnement dans la commune est complexe ?

J.-F. V. : Nous avons fait le choix de la zone bleue et nous allons l’étendre cette année. Il conviendra d’ailleurs de renforcer l’équipe de la police municipale pour la faire respecter. Le but des zones bleues est de ventiler le stationnement dans les quartiers commerçants et de déloger les voitures ventouses. Je pense que c’est positif pour le commerce de proximité.

Concernant le stationnement, la question est posée dans toutes les villes. L’usage de la voiture s’est en effet développé. D’ailleurs, nous allons ouvrir un parking public de 50 places rue Dalayrac. Il est aujourd’hui courant que les ménages en possèdent plusieurs. De plus, en banlieue, la voiture est quasiment une nécessité tant les lacunes des transports collectifs interbanlieues sont grandes.

Il faut noter que la majorité des autres communes font payer le stationnement, ce qui n’est pas notre cas. Le stationnement est gratuit et c’est un engagement que nous respecterons. Proposer un abonnement pour les riverains à plus de 300 euros l’année comme le fait Vincennes, revient en définitive à augmenter les impôts de manière détournée... Pour diminuer le recours aux voitures, il faut changer les habitudes, développer les transports collectifs, promouvoir les circulations douces et alternatives comme le vélo, les zones 30 …

À Fontenay : Qu’en est-il de l’amélioration des réseaux de transports ?

J.-F. V. : Agir pour améliorer les conditions de transport sur la ligne A du RER et sur l’ensemble des transports en commun est plus que nécessaire. Je note que certaines rénovations, insuffisantes, ont déjà été réalisées. Val de Fontenay est une gare intermodale avec les RER A et E, elle devrait également accueillir à terme le tramway T1, une station d’Orbival - le métro pour la banlieue qui s’inscrit dans le trajet du Grand Paris Express - et enfin, le prolongement de la ligne 1 du métro. Nous avons également le projet de relier les deux stations du RER, Moreau David et Val-de- Fontenay. La venue du Grand Paris Express, comme pour Orbival, est importante pour notre ville, mais également pour le département et son expansion économique. Les moyens de transport de demain doivent être efficaces, rapides et accessibles à l’ensemble de la population. C’est pourquoi il faut que le gouvernement réintègre les crédits nécessaires pour la réalisation de ce programme, c’est un nouveau combat aujourd’hui.

À Fontenay : Vous avez récemment interpelé Manuel Valls, ministre de l’intérieur sur le manque d’effectifs de la police nationale sur la ville…

À Fontenay, les effectifs de la police nationale sont passés de 139 fonctionnaires en 1999 pour une ville de 50 921 habitants à actuellement 102 pour 53 600 habitants et la gendarmerie a fermé. Rejeter la responsabilité de la sécurité publique sur les maires ne mènera à rien, alors que c’est une mission régalienne de l’État.

Nous avons besoin d’une police nationale bien formée, républicaine, présente sur les quartiers qui assure ses missions : prévention, dissuasion et répression quand elle est nécessaire. De plus, il faut s’attaquer aux problèmes du logement, du chômage, et de l’échec scolaire qui jette dans la marginalisation une partie de la jeunesse.

À Fontenay : Vous insistez souvent sur l’enjeu de la démocratie participative.

J.-F. V. : Nous faisons preuve de volontarisme depuis des années pour mettre en branle une réelle démocratie participative, en développant tout un arsenal d’outils propices à l’expression citoyenne, comme les conseils de quartier, au sein desquels les habitants déterminent librement les ordres du jour. Ce sont des lieux d’échanges constructifs, qui permettent de tisser du lien social et de bâtir au quotidien le « vivre ensemble ». Notons aussi que régulièrement le conseil municipal propose aux Fontenaysiens de s’exprimer directement sur les sujets qui les intéressent, et que tous sont retransmis en direct sur le site Internet de la ville.

Nous souhaitons également renforcer les commissions municipales et les conseils ouverts au public, comme ceux de crèche, d’école, ou encore les conseils d’équipements sportifs ou culturels, et créer un conseil de gestion de la halle Roublot. Les permanences d’élus sont une garantie de proximité entre les élus et leurs administrés. Je reçois entre 20 et 30 Fontenaysiens par semaine. Et en début de mandat, un observatoire des engagements a été créé, organisme indépendant chargé de faire le point sur l’évolution des 140 engagements. Il présentera un bilan précis dans les mois qui viennent. Et cette année nous allons organiser les rencontres de la ville qui ont pour but de réfléchir à la ville de demain face aux défis auxquels nous sommes confrontés. Nous souhaitons associer à cette initiative tous les habitants ainsi que les associations.

À Fontenay : Monsieur le maire, comment abordez-vous l’année 2013 ?

J.-F. V. : Notre ligne de conduite est et restera le « Vivre ensemble ». Cela suppose de lutter contre les inégalités et de résister aux conséquences de la crise économique. Trois axes me paraissent essentiels : d’abord, la solidarité. Nous l’entendons au sens large avec le droit à la culture, au sport, aux vacances avec des tarifs modulés en fonction d’un quotient familial à la santé, à un cadre de vie de qualité, au logement pour tous… Nous avons créé Fontenay-sous-Soleil pour ceux qui ne partent pas en vacances, nous avons mis en place le Pass Solidaire, les quotients familiaux ont été revus…

Ensuite, le développement durable et l’écologie sont l’une de nos priorités. Nous cherchons à limiter les gaz à effet de serre, à réduire les pollutions et, parlà même, les coûts de fonctionnement énergétique. Le PLH tient compte aussi de cette problématique.

Enfin, comme je le disais l’approfondissement de la démocratie locale est également un point fondamental. Elle rejoint notre volonté de vivre ensemble et la manière dont chacun participe à la vie de la commune.

À Fontenay : À l’approche des élections municipales de 2014, comment se porte votre majorité ?

J.-F. V. : Nos relations sont bonnes, mais ce sont surtout les membres de la majorité qui pourraient vous le dire ! Nous avons développé le travail collectif sur toutes les grandes questions. Cependant, il reste des différences d’approche, d’autres types de préoccupations, y compris au sein même de chaque groupe car nous sommes une majorité très large regroupant toutes les composantes de la gauche.

Mais rien de plus normal ! Il y a des discussions et il n’est pas toujours facile de parvenir à des accords sur tout, mais c’est le débat, la franchise, la recherche de l’intérêt général qui l’emporte. Vous savez, chaque élu est responsable d’un secteur d’activité, notamment les adjoints.

Ce sont des gens passionnés par leur mission et il est donc normal qu’ils aient aussi, parfois, une vision prioritaire dans leur domaine de responsabilité. Il nous faut donc, en permanence, rechercher l’équilibre. Je crois que nous y parvenons. D’ailleurs, tous les grands projets portés par notre programme ont toujours été adoptés en conseil municipal.

À Fontenay : Avez-vous quelque chose à ajouter ?

J.-F. V. : Permettez-moi, pour conclure, de souhaiter à tous les Fontenaysiens, une très bonne année 2013 et de les assurer que d’une part je me battrai à leurs côtés pour que notre pays s’engage résolument dans le changement et d’autre part de ma détermination à tout mettre en œuvre avec eux, pour que Fontenay soit toujours plus une ville à vivre pour tous.

Propos recueillis par Manuela Martins