L’Humanité : Comment avez-vous reçu le discours et les annonces de F. Hollande ?

Christian Favier : C’est un discours contradictoire. Il y a un vrai changement depuis Sarkozy : l’ancien président voyait les collectivités comme des obstacles, le nouveau dit vouloir en faire des points d’appui. La contradiction, c’est qu’à la fois il confirme la politique d’austérité qui touche déjà les collectivités, puisque au-delà du gel des dotations pour 2013, il est annoncé leur baisse de l’ordre de 2 milliards d’euros sur les trois années à venir. Pour sortir de la crise, il faut de l’investissement public, mais, dans le même temps, on fait aussi peser sur les collectivités la réduction de la dette publique.

L’Humanité : Le président semble avoir un projet déjà ficelé...

Christian Favier : On peut considérer que, si le projet de loi n’est pas formellement écrit, le discours de F. Hollande, qui était très précis, lui fixe un cadre déjà bien défini. Il y a dans tout celà des points d’inquiétudes, mais aussi du positif : l’abandon du conseiller territorial, le rétablissement de la clause de compétence générale pour les régions et les départements, la réaffirmation du principe de non-tutelle d’une collectivités sur une autre. Mais le discours du président était très cadré, sans avoir entendu avant l’expression des élus. Il reste des progrès à faire...