D’un côté une infrastructure de transport qui permettrait à la banlieue de bénéficier enfin d’un réseau la rapprochant de celui qui dessert la capitale depuis plus d’un siècle. De l’autre un projet de création d’une instance de gouvernance de la métropole, l’aire urbaine qui regroupe Paris et sa banlieue.

A l’heure des choix, je tiens à souligner qu’il ne peut y avoir de métropole sans métro.

Cela peut paraître une évidence, mais cela va mieux en le disant. En effet, comment parler de gouvernance si le projet prioritaire intéressant concrètement les 9 millions d’habitants que compte cette zone dense ne peut disposer des moyens nécessaires à sa réalisation ?

Le Grand Paris Express ne souffre aucunement d’un quelconque déficit de gouvernance. Les délais initialement prévus pour les études et la concertation sont tenus. Des dizaines de milliers d’habitants ont participé aux réunions publiques pour dire leur attente et leur espoir de voir enfin se réaliser un métro reliant les différents territoires de banlieue entre eux sans passer par la capitale. Les ingénieurs sont l’arme au pied, prêts à lancer le chantier.

Dans ce contexte, l’absence d’inscription du milliard d’euros nécessaire en loi de finance pluriannuelle, les fuites organisées autour du rapport Auzanet interrogent légitimement quant à la volonté de l’Etat de réaliser le projet dans les délais et selon le programme prévus. Pourtant combien de projets d’intérêt général sont portés avec une telle unanimité des élus et un soutien général de la population ?

Unanimes, les sept présidents des conseils généraux et le Président de la Région qui siègent au conseil de surveillance de la Société du Grand Paris. A cet égard, la participation du Maire de Paris à cette instance constituerait un signe tangible de l’envie de la capitale de s’ouvrir à sa banlieue.

Unanimes, les administrateurs du Syndicat des Transports d’Ile-de-France, toutes tendances politiques confondues, qui ont voté un vœu soutenant le Grand Paris Express lors de la dernière séance de leur Conseil d’Administration.

Unanimes, les élus du Val-de-Marne Maires , Parlementaires , Conseillers généraux et régionaux qui portent depuis près de dix ans le projet d’un métro en banlieue que nous avons appelé ici Orbival et couvre, depuis, les lignes rouge, bleue et orange.

Unanimes, toutes celles et tous ceux, citoyens, acteurs économiques, institutionnels et sociaux qui voient dans la réalisation de ce Grand Paris Express un investissement indispensable, majeur et un formidable levier pour la lutte contre le chômage.

Cette unanimité et l’attente manifestée par nos concitoyens doivent être pris très au sérieux. C’est d’abord par le projet, par ce projet, que doit se construire la métropole. Car dans métropole, il y a d’abord métro et ensuite il y a pôle.

Je ne suis pas personnellement hostile à la création d’un pôle métropolitain. J’estime en revanche que l’avenir et le développement durable de nos territoires, l’emploi, le logement, et la qualité de vie de leurs habitants passent en premier lieu par la réalisation de ce métro, rapidement, et selon le tracé qui fait l’objet d’un consensus général.

Si nous ne nous en donnons pas les moyens, si l’Etat n’y affecte pas les moyens nécessaires, c’est que nous ne sommes pas prêts à bâtir un destin commun pour la banlieue et la capitale et donc que nous ne sommes pas prêts à nous engager dans la voie d’un pôle métropolitain.

C’est une question de bon sens.

Christian FAVIER

Sénateur

Président du Conseil général du Val-de-Marne