Un, cette pantalonnade pseudo démocratique fait le plus grand mal à la démocratie ; deux, les gens, de droite ou de gauche, l’opinion publique, ne supportent que très mal la mise en cause du droit de vote, qu’elle s’opère en amont par le trucage ou en aval par le déni du résultat.

Il existe bel et bien un lien fort entre ce droit de vote, son effectivité et le degré de démocratie.

C’est pour cette raison que la LDH, avec d’autres, réclame depuis trente ans que le droit de vote et d’éligibilité aux élections locales soit ouverts à tous les étrangers, qu’ils ressortent ou non de pays membres de l’Union européenne.

Nous ne le faisons pas par compassion envers des exclus ; nous le faisons pour une pleine citoyenneté pour toutes et tous. Nous ne le faisons pas pour réparer une injustice ; nous voulons élargir la démocratie, la placer au niveau de justice et d’efficacité que requièrent les défis du présent et de l’avenir.

La France est un pays vieillissant, qui peine à faire place à ses jeunes, à ses femmes, à ses minorités. Les décideurs politiques, massivement à cette image, semblent hélas s’en accommoder, au prétexte de la dureté des temps ou de la difficulté de l’exercice. Si les temps sont durs, il nous faut être plus durs qu’eux ; s’ils sont difficiles, il nous faut être courageux. Besoin d’aide, Messieurs ? Alors, nous allons aider. Nous allons crier, marteler et scander ; nous allons écrire, demander rendez-vous, encore et sans cesse aux maires, conseillers généraux et députés ; nous allons faire la queue pour être reçus, cent fois sur le métier législatif remettre notre argumentaire, interpeller et revenir encore et encore sur le sujet. Nous allons le faire parce que nous voulons moderniser notre pays, la démocratie et obtenir le droit de vote pour tous.

Nous proposons, avec d’autres de nous lancer dans un vaste débat public pour cultiver ensemble cette obsession démocratique ; parce qu’elle le vaut bien, évidemment. Mais, surtout, parce que nous en avons tous besoin.